Le naturalisme | Espace Nord

Le naturalisme

Dossier pédagogique

Réalisé par Frédéric Saenen
Édition 2016
Pages 25

Destiné en priorité au corps enseignant, ce dossier présente une analyse du naturalisme pour permettre aux élèves de mieux découvrir la littérature belge. Vous y trouverez des informations sur les spécificités des textes et de leurs auteurs (résumé, contexte, biographie, prolongements bibliographiques), mais également des pistes de réflexion pour favoriser le débat en classe.

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1. Qu’est-ce que le « naturalisme » ?

a) En général...

Lorsque l’on évoque le naturalisme en France, un nom vient immédiatement à l’esprit : celui du romancier Émile Zola (1840-1902). En effet, Zola jette les bases de ce mouvement littéraire et artistique dans la préface de la deuxième édition de Thérèse Raquin (1868). Il y définit le point de départ du roman naturaliste comme « l’étude du tempérament et des modifications profondes de l’organisme sous la pression des milieux et des circonstances ». Le naturalisme, malgré son nom, ne s’intéresse donc pas qu’à la « nature » au sens écologique du terme, même si certaines œuvres de cette veine se passent dans le milieu rural ou en forêt... Le projet de l’écrivain naturaliste est de peindre la nature humaine de la façon, non pas la plus belle ni la plus morale, mais la plus vraie possible.

b) Une démarche expérimentale

Dès lors, la démarche des naturalistes comporte souvent une dimension expérimentale, scientifique: ils observent, formulent des hypothèses sur les comportements de leurs personnages, prennent en compte leur biologie autant que leur conscience, et tentent de faire un compte rendu hyper objectif du réel qu’ils dépeignent. Les frères Goncourt n’agissent pas autrement quand ils se glissent dans les hôpitaux, les bas-fonds ou les cercles mondains de la société. Zola aussi prend soin de se rendre sur les lieux où s’inscrit l’histoire qu’il imagine ; par exemple, il partage la condition des ouvriers (les mineurs pour son chef-d’œuvre Germinal) ou s’immerge dans la frénésie du milieu des affaires (la Bourse décrite dans L’Argent). Bref, chacun de ses romans est l’occasion d’un considérable travail d’investigation.

En 1878 dans la revue L’Artiste, le Belge Camille Lemonnier circonscrit le champ d’étude du naturalisme en ces termes : « Le naturalisme [...] est toute une philosophie qui par ses bouts tient à la biologie, à la géologie, à l’anthropologie, aux sciences exactes et aux sciences sociales. »

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