Barabbas | Espace Nord

Barabbas

Dossier pédagogique

Par Michel de Ghelderode
Réalisé par Liliane Schraûwen
Édition 2017
Pages 31
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Destiné en priorité au corps enseignant, ce dossier présente une analyse de "Barabbas" pour permettre aux élèves de mieux découvrir la littérature belge. Vous y trouverez des informations sur les spécificités du texte et de son auteur (résumé, contexte, biographie, prolongements bibliographiques), mais également des pistes de réflexion pour favoriser le débat en classe.

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Les principaux thèmes de cette pièce sont ceux que l’on trouve dans toute l’œuvre de Ghelderode.

  • La révolte contre la société, personnifiée par Barabbas qui n’hésite pas à affirmer que c’est la société qui génère le crime (p. 46).
  • La hantise de la mort (exprimée tout au long de la pièce, mais surtout dans l’acte I, par Barabbas).
  • La misogynie, qui apparaît dans l’acte II, au travers du personnage de Yochabeth (personnage inventé par l’auteur), « la sordide et hideuse femme de Judas », préoccupée uniquement par l’argent, comparée à une « chienne flaireuse », qui considère la trahison de Judas comme « une bonne action ». « Les femmes sont trop bêtes pour comprendre un mot à cette tragédie », dit Judas (p. 69).

La différence et même l’opposition entre homme et femme apparaissent quelquefois, selon les stéréotypes habituels. « Tais-toi ! dit Pilate à son épouse. Les rêves sont à toi. La raison m’appartient » (p. 77).

  • L’antisémitisme. Des propos antisémites sont prononcés par les Romains (Pilate et son épouse), ce qui peut répondre à une certaine logique, mais ils apparaissent aussi dans la bouche des prêtres, juifs eux-mêmes ; le vocabulaire utilisé répond à tous les stéréotypes antisémites : « la populace juive » (p. 65), etc.

Les clichés du Juif caricatural sont présents dans plusieurs personnages, comme Yochabeth qui n’hésite pas à traiter son mari de « petit juif mesquin » (p. 68). De même, Hérode, qui est pourtant juif, traite les Juifs de « racaille » (p. 77) : « Mais quelle engeance, ces Juifs ! » (p. 77) ; il évoque avec mépris leur « odeur » et leurs « mœurs » ; il utilise le mot « race » (p. 97).

La scène de l’acte II (p. 86) qui voit Caïphe convaincre la foule de réclamer la mort de Jésus nous montre les prêtres agir selon les stéréotypes les plus caricaturaux de l’antisémitisme (ils crient, poussent des cris plaintifs, gesticulent de manière excessive, répètent « ayaya », se frappent la tête et la poitrine…). Dans l’acte III, c’est Judas qui parle de « sale juif » (p. 114).

  • L’opposition entre l’ombre et la lumière, constante tout au long de la pièce (cf. le champ lexical).
  • Les dangers de la religione (surtout quand elle est religion d’État). Ghelderode avait reçu une éducation très religieuse, et le personnage du Christ le fascinait. Par contre, il était farouchement opposé à la religion comme principe d’autorité, aux prêtres, à l’Église, tout comme il était opposé à toute forme d’autoritarisme. On sait que c’est parce qu’il était accusé de ne pas respecter la religion de ses pères que Jésus, pour les grands-prêtres d’Israël, devait mourir : « Cet homme a blasphémé contre l’Éternel, contre les lois divines, contre les principes de notre religion et de notre séculaire autorité. Cet homme est l’ennemi de la Nation, et partant, l’ennemi de Rome » (pp. 81-82). Il est intéressant de noter comment, dans ce court passage, l’auteur mêle religion et politique (l’Éternel… la Nation, notre religion… notre autorité).
  • La foire, les clowns (le pitre).

[…]

Auteur
Michel de Ghelderode
Auteur de quatre-vingts pièces, d’une centaine de contes et de poèmes, Michel de Ghelderode (Bruxelles, 1898-1962) a connu un immense succès auprès du public avec La Balade du Grand Macabre, Mademoiselle Jaïre et Barabbas. Ses pièces... lire la suite
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