Littérature belge d’aujourd’hui | Espace Nord

Littérature belge d’aujourd’hui

La Brosse à relire

Édition 2015
Genre Essais et autres genres
ISBN 9782930646954
N° Espace Nord 331
Pages 336
  • Version papier
  •   Broché, 12 x 18,5 cm
  • 9,00 €

«Le critique de quotidien est un reporter envoyé en première ligne de la bataille des lettres. Il reçoit les livres de plein fouet, se plonge dans leur lecture avant les autres, et couche sur le papier ses impressions. [...] Son guide, c’est la recherche de la qualité où qu’elle se trouve et, au-delà, puisqu’il est aux avant-postes, celle de la nouveauté, de ce qui est prometteur d’une voie inexplorée, d’une voix inouïe.»
Jacques De Decker

Le présent volume rassemble une partie significative des chroniques que Jacques De Decker a consacrées aux lettres belges francophones, entre 1971 et 2010. Littérature belge d’au­ jourd’hui, un autre regard sur une trentaine d’auteurs parmi lesquels Alain Berenboom, Jacques Crickillon, William Cliff, Jacqueline Harpman, Pierre Mertens, Jean Muno, Amélie Nothomb, Jean-Philippe Toussaint, Jean-Pierre Verheggen ou encore Liliane Wouters.

Exercice d’histoire immédiate
par Hubert Roland
Maître de recherches du F.R.S.-FNRS
et professeur à l’Université catholique de Louvain

Jacques De Decker ne revendique nullement le statut d’historien de la littérature. Sa longue activité de critique littéraire participe toutefois bien de cette « approche systémique des faits sociaux », revendiquée par Alain Vaillant et d’autres dans leur souhait de renouvellement épistémologique de l’histoire littéraire. Dans cette perspective, cette dernière «ne saurait être qu’une histoire de la communication littéraire [...] », telle que De Decker l’a en effet pratiquée pendant près de quarante ans via l’écoute active de ce qui s’est écrit, pour immédiatement le transmettre.

Cette chance lui fut offerte, lorsque Jean Tordeur le convoqua pour faire partie de l’équipe littéraire du Soir en 1971. Une « tribune privilégiée », comme il l’écrira plus tard dans Les années critiques et un bel observatoire, en effet, au moment où des changements importants étaient à l’œuvre, en particulier au sein d’une nouvelle Belgique alors en gestation. Durant près de quatre décennies, De Decker se fit le chroniqueur, non seulement de la littérature internationale du moment, mais tout particulièrement de ce champ des auteurs belges francophones. Il participa d’un mouvement qui leur procura une nouvelle reconnaissance et une nouvelle visibilité avec l’accélération de la fédéralisation de l’État belge.

La présente édition rassemble une sélection des critiques parues dans Le Soir au cours de ces années qui ont vu émerger et se développer de nombreux talents en Belgique. Elle ne peut constituer en elle-même une «histoire immédiate» de ces lettres, car le critique, plongé en permanence dans le bouillonnement des rencontres de la vie littéraire, ne peut disposer dans l’instant du recul nécessaire. À cela s’ajoute que le hasard des rencontres du critique avec les auteurs, ses coups de cœur et préférences, en un mot sa subjectivité pleinement assumée, ont inéluctablement déterminé le panorama constitué ici. Mais il est toutefois indéniable qu’une telle anthologie prépare à coup sûr le terrain de l’histoire littéraire belge de demain, en apportant des pièces décisives à son élaboration.

C’est la raison pour laquelle nous avons choisi de rendre plus accessible un travail d’édition partiellement entamé dans deux volumes épuisés – Les Années critiques (1990) et La Brosse à relire (1998) – et dont le contenu a pu être largement complété par des articles parus dans Le Soir jusqu’à la fin de 2010. Dans un souci de lisibilité, cette édition est organisée sur base d’un principe monographique, mettant en évidence les auteurs eux-mêmes. Face à l’abondance de la matière, une sélection de textes a dû être opérée. Elle a privilégié la représentativité des auteurs, davantage que l’exhaustivité.

Entre intellect et émotions, de l’universitaire au critique

On ne peut poser un regard analytique sur les critiques de Jacques De Decker sans prendre en compte son parcours dans sa globalité. Dans un long entretien qu’il a accordé à Maud Joiret, notre critique se reconnaissait volontiers à travers l’appellation de « polygraphe et passeur d’écriture1 ». Et il est vrai qu’on a besoin d’une appellation englobante pour inclure les nombreuses facettes de ses activités. Né en 1945 à Bruxelles, De Decker est bien connu pour son travail de création comme dramaturge, romancier et nouvelliste. Mais il a aussi privilégié l’essai et la critique, de même qu’il s’est distingué par ailleurs dans la traduction, la médiation culturelle et l’adaptation. On aurait toutefois tort de vouloir scinder chez le polygraphe les différents secteurs et domaines qui sont les siens. Évoquant de manière générale son travail de traducteur et d’adaptateur pour le théâtre, De Decker nous confiait par exemple récemment qu’il n’existe pas pour lui de travail dans ce registre sans le « moteur de la création ».

[…]

Ce panorama de la littérature belge contemporaine révèle qu’avant d’occuper des positions dans une histoire ou un champ littéraires, les livres suscitent des émotions : le genre de la critique journalistique permet alors à Jacques de Decker de pratiquer, tout comme il le décèle chez Pierre Mertens (en empruntant une expression de Maurice Blanchot), la lecture comme une « esthétique de l’amitié »

Florient Alix, nonfiction.fr

Auteur
Jacques De Decker

Écrivain, dramaturge, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Langue et de Littérature Françaises de Belgique (ARLLFB), Jacques De Decker a été critique littéraire au quotidien Le Soir pendant près de quarante ans.

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